Que dirais-tu d’un petit atelier d’écriture avec Bernard Werber ?

Bernard Werber est un auteur français à l’écriture très variée puisqu’il écrit dans des genres littéraires très différents (polar, science-fiction, pièces de théâtre, BD…etc.). Particularité qui me parle beaucoup ; car je crois fermement qu’un genre sert d’abord une histoire avant d’être le label d’un auteur. Voici sa fiche Wikipédia et son site personnel.

 

Je suis tombée par hasard, il y a quelques années, sur un de ces ateliers, filmé et publié sur Youtube. Je l’ai gardé dans un petit coin de ma tête car il y a quelques d’éléments qui m’ont fait repenser mon écriture. Bernard Werber explique les étapes de la création d’un roman : de l’envie d’écriture à la publication.

 

Je te propose de regarder la vidéo. J’ai retranscrit en dessous les principaux éléments :

 

Zoom sur le cours qui est proposé à travers cet atelier.

Je me suis retenue de commenter…beaucoup retenue… mais bon roh j’me suis un peu manifestée quoi. Juste un peu.

 

L’envie d’écriture

Les peurs

Il parle des peurs qui empêchent d’écrire :

  • la peur du jugement des autres,
  • l’auto-critique,
  • la peur de ne pas être publié…etc.

 

L’inconscient

Selon lui (et je suis d’accord), lorsqu’on écrit un livre, on s’écrit soi-même sous les traits de notre histoire. Il faut chercher l’inconscient => sortir ce qu’il y a en soi.

 

La dimension de plaisir

  • Se fixer une régularité : écrire tous les jours
  • Accepter le risque de faire un mauvais roman : le premier jet doit être authentique.
  • Renoncer à plaire aux autres : être différent de ce qui existe déjà.

 

 

L’histoire

Le rêve

  • Une première matière première
  • L’observation du monde aussi ; un bon écrivain est un bon observateur (de l’époque, de son temps)

 

S’intéresser aux autres

  • Qui est le personnage ? (son passé, ses souffrances, ses talents, ses faiblesses, son évolution dans le temps)
  • La curiosité
  • Le pourquoi est important

 

 

La structure

La structure d’une histoire hollywodienne

Le squelette du roman

  • La matière première (idées, personnages, projection de soi-même, ses rêves) est à organiser en squelette.
  • Squelette = une tête, un torse et des pieds => un démarrage, une intrigue et une chute
  • Le squelette est multiforme => l’auteur y exprime son originalité.

 

Les organes

Les organes sont, selon Bernard Werber, les plus belles scènes, celles qui vont surprendre le lecteur (coups de théâtre, révélations extraordinaires).

Ce n’est pas l’intrigue elle-même mais cela va apporter du plaisir et faire la différence.

 

Le muscle

C’est la mise en scène de base du livre : c’est-à-dire l’enchaînement entre les didascalies (les scènes descriptives du lieu) et le dialogue.

L’harmonisation est importante : trop de dialogues = théâtre, trop de didascalie = , selon lui, un manque de nerf.

Penser comme au cinéma : gros plan, plan contre plongé, travelling…etc.

 

Les chapitres

C’est la découpe du roman

Conseil : chaque chapitre doit être une nouvelle => une situation qui démarre, un développement, et une fin surprenante qui appelle au chapitre suivant.

 

La boîte à outils

Malheureusement, cette partie n’a pas été capturé par la vidéo. Donc je ne peux que t’en donner le plan et mes divinations personnelles.

Le journal de ses rêves

Alors je ne sais pas ce que Bernard Werber a dit mais il peut en effet arriver de rêver de son histoire. Pour ma part, ça arrive surtout quand je suis en phase d’écriture (enfin on va faire comme ci, j’étais écrivain, ok ? 😅) mais il se peut aussi que tu trouves l’idée de votre prochain roman dans un rêve.

Le cerveau est extraordinaire et l’inconscient (comme il en parlait au début) pourrait bien se charger d’écrire les histoires pour toi. Note peut-être alors les phénomènes bizarres ou les histoires incongrues de tes rêves, elles pourraient être des pistes à de futurs romans.

 

Le journal personnel

Bon là encore, je ne sais pas ce qu’il voulait dire mais un journal peut aider sur tous les points possibles : à voir plus clair, à se rappeler les détails qui nous échappent, à se souvenir du contexte d’événements passés, à suivre notre activité d’écriture, aka ce blog 😁. Très vite, il devient une mine d’informations précieuses, sur soi et les autres.

 

Le chutier

Ce sont tous les coups de théâtre, le moment où l’intrigue bascule (audace, devoir de surprendre).

 

 

Le suspens

Le devoir de surprendre

  • première politesse par rapport au lecteur
  • Relancer, rechercher une manière de surprendre, ajouter de l’émotion

 

Le pire, c’est l’ennui !

Même si le roman est autobiographique : inventer, aggraver, augmenter, ajouter de l’émotion.

 

Gérer la tension/frustration

Il faut donner des petites infos et éviter la ligne du foutage de gueule (hé ce n’est pas moi qui l’ai dit) => on met une tension qui est basée sur rien, et la tension entretient la tension. Puis c’est la révélation de la chute.

Frustration => Gestion => limite du foutage de gueule => Récompense

 

Attention à ne pas passer de l’autre côté de la force (bon là j’avoue, c’est moi qui l’aie ajouté). En somme, il ne faut pas prendre le lecteur pour un abruti => ne pas utiliser l’intuition des personnages ; tout doit avoir une explication.

 

Gérer la frustration dans la tension

  • Ne pas donner à l’autre ce qu’il demande pour valoriser ce qu’on va lui donner.
  • Créer du manque, du désir, relancer doucement (= les récompenses) et ne pas satisfaire trop vite le lecteur. Sinon on arrive au point de climax sans appétit.
  • Oublie les belles phrases et la rédaction trop littéraires => les mots simples sont les plus efficaces.

 

 

Les personnages

Un personnage intéressant est un personnage qui présente un paradoxe : il se présente d’une certaine manière mais en fait il est le contraire de ce qu’il présente.

L’ARC

L’avantage du paradoxe : il permet de développer l’arc qui est la transformation du personnage. Ça doit donner ça  :

L’histoire est une initiation qui transforme les personnages en leur contraire et les révèle tels qu’ils sont vraiment.

 

La caractérisation

  • Plus il est différent des autres, plus le personnage est intéressant.
  • Il ne faut pas hésiter à lui inventer des problèmes, à le faire souffrir, à le mettre en danger en somme. Mais penser tout de même à la qualité du spectacle et au confort du spectateur.
  • Inventes-lui un langage. Pour le vérifier, supprimer les mentions après les paroles et voir si c’est compréhensible.

 

 

La chute

  • Pour bien la terminer, il faut y penser avant l’écriture de l’histoire.
  • Ne pas avoir peur de recommencer un roman si la chute est nulle.
  • Recommencer à zéro sans utiliser le copier/coller. Améliorer jusqu’à avoir un bon roman.

 

L’épiphanie

  • La chute doit être originale, surprenante, puissante et un moment de jouissance pure.
  • Concevoir le roman comme un spectacle avec une scène finale magistrale.

 

 

La vie du livre

L’importance de terminer une histoire

  • Quoi qu’il arrive, il faut aller au bout, ne pas rester à mi-chemin, même si l’histoire n’est pas bonne ou que les personnages sont creux. Puis, refaire, recommencer, corriger.
  • Peu importe le premier jet, l’écriture s’apprend, se travaille. Mais avant, il y a le premier jet.

 

Un lecteur de référence

C’est une personne qui va donner des réponses techniques sur la profondeur des personnages, sur le début de l’histoire, la qualité de la chute…etc.

Une approbation est différente d’un avis. (Oh comme je me reconnais là-dedans. Lève la main si tu as déjà fait lire des histoires non terminées ✋)

 

L’éditeur

  • Faire un tirage papier. (ah ? 🤔 #BudgetCopie)
  • Présenter l’oeuvre : un interligne, une police standard, laisser des marges => c’est accepter l’intervention de l’éditeur.
  • Respecter la ligne éditoriale : regarder un livre qui ressemble à ce que l’on fait et l’éditeur chez lequel il est paru.

 

Une part de chance

  • Tomber sur un lecteur qui aime son oeuvre.
  • Attention aux vingt premières pages.
  • Attention à l’incipit du roman : le plus important.

 

Je termine sans transition en fait, donc voilà tout pour ce résumé,

A bientôt.