Le Djinn à la crinière d’argent était étendu là sur une falaise bretonne, au bord de la mer. Le souffle marin accompagné du bruit des vagues l’entraînait petit à petit dans un doux sommeil. C’était une nuit calme et apaisante. Il avait passé le début de la soirée à chercher à se nourrir, alors ce repos était bien mérité.

Ylis n’était pas de ces Djinns qui avaient besoin de nourriture terrestre pour survivre. Il lui arrivait de consommer du charbon de bois lors d’incendies si il ne parvenait pas à se procurer son met favori : le flux vital d’une âme humaine.

Par inhalation sur la Terre, il captait l’énergie des âmes, lorsqu’il était suffisamment proche des humains, ce qui n’était pas sans danger. Un Djinn est fragile dans ce monde. Quand l’âme s’agitait, submergée par les émotions, elle émettait des particules libres dans l’atmosphère.

La plupart des Djinns profitaient des événements de foules, où de nombreux humains se regroupent pour satisfaire leur appétit. Il y avait toujours assez de nourriture pour des centaines de Djinns dans ces endroits-là. Mais Ylis ne pouvait pas faire cela. Si ils évitaient les humains par sécurité, il redoutait bien plus les Djinns terrestres.

Le jeune génie aurait pu dormir jusqu’au soleil levant, mais sa marque d’arracheur d’âmes le sorti de ses rêves en un instant. C’était l’heure. L’heure de semer son âme humaine. Il sentait la marque vibrée dans sa poigne gauche ; c’était comme s’il tenait l’âme tout près de lui, du bout de ce qui ressemblait à des doigts. Le statut d’arracheur d’âmes était réservé à une espèce particulière de Djinns : les Djinnins, ceux qui ont bâtit l’Autre Monde pour y recueillir les âmes humaines.

Ylis quitta le paysage marin de la côte bretonne pour se retrouver dans un tumulte de sirènes et de lumière clignotante au centre de Paris. Elle gisait là, le regard vide. Elle était à peine consciente, engourdie par la douleur. Son corps avait été expulsé de la voiture. Ylis se posa sur le toit d’une camionnette, près de là et observa la victime. La créature attendait que l’âme se détache du corps. L’opération prenait un peu de temps… Le djinnin devait patienter jusqu’à la mort de son humaine. Au dernier battement de cœur, il pourrait enfin récupérer l’âme pour l’emporter dans l’Autre Monde. Mais avant cela, elle devait passer dans le monde invisible.

Les yeux jaunes du djinnin captaient les mouvements d’oscillation de l’âme pendant que la patiente s’enfonçait. Une équipe commençait à s’activer autour d’elle ; ils l’emmenèrent dans une ambulance. Ylis en traversa les parois, puis les survola. Il s’apprêtait à les suivre lorsqu’il entendit des Djinns terrestres derrière lui :

—Il y en a un là, attrape-le !, dit un djinn dont les yeux étaient aussi rouges que le sang.

Ylis s’éloigna plus haut dans le ciel. Il avait l’habitude de ces échanges de courtoisie avec les Djinns terrestres mais ce n’était jamais une partie de plaisir. Vivre sur la Terre si longtemps nécessitait de savoir se défendre face à ce genre de menaces. Cependant Ylis n’était pas un soldat, c’était un arracheur d’âmes ; il préférait disparaître que se battre.

L’animosité entre les djinns des deux mondes remontait à des millénaires. Avant la construction de l’Autre Monde, les Djinns se disputaient les âmes humaines sur Terre. Il fut un temps où certains étaient même vénérés comme des Dieux par les Hommes, qui leur construisaient des temples et des pyramides.

Les âmes humaines renfermaient le secret de la longévité des Djinns. Grâce à elles, non seulement ils vivaient plus longtemps mais surtout la puissance de leur feu en était décuplée. Pour mettre fin aux rivalités des Djinns sur Terre, l’Autre Monde fut construit.

—Tu as vu à quoi ils ressemblent ? Est-ce que tu es sûr que c’est l’un d’entre eux ?, demanda un autre djinn vêtu d’une tunique verdâtre

Ylis était suffisamment haut pour rester hors d’atteinte et assez loin pour continuer à entendre les Djinns terrestres. Quelles créatures viles et stupides, pensa-t-il, Ils doivent encore me prendre pour un ange.

—Hey ! Toi là-haut, le cerf-volant, on veut juste discuter. Redescends, on ne va pas te faire de mal.

Lorsque tous les liens entre le monde des Djinns et le monde terrestre furent coupés, une partie des Djinns se retrouva condamné à errer sur la Terre, sans espoir de regagner leur monde. Cependant toutes les espèces de Djinns ne subirent pas le même sort. En réalité, les Djinnins qui s’étaient ligués contre leur clan avaient eu la chance de changer de camp, après un vote sur leur bonne foi. Ceux qui avaient campé sur leur position avaient été enfermés dans un tonneau de plomb, le seul métal incapable à franchir pour les Djinns.

Cela faisait que la plupart des Djinns restant sur Terre n’appartenait pas à l’espèce des Djinnins. De temps à autre, ils les voyaient apparaître et disparaître dans des cercles de feu. Mais les Djinns terrestres rencontraient peu des djinnins, si bien que certains pensaient qu’il s’agissait sûrement d’anges. Si les voir produire ce feu bleu argenté leur semblait miraculeux, c’est parce qu’un Djinn terrestre est incapable de matérialiser son feu dans notre atmosphère. Il ne sort de lui que de la fumée, capable certes d’affecter les autres djinns mais inoffensive sur les humains.

Ylis se sentit soudain plonger sur le sol terrestre. Il semblait entouré d’un filet. Que se passait-il ? Il avait gardé les yeux sur l’ambulance, qui avait commencé à démarrer. Mais alors qu’il s’apprêtait à les suivre, il s’était senti tombé.

—Je savais qu’on l’aurait. Bravo l’ami !, dit le djinn aux yeux rouges.

C’était des Jinnans. Ylis le reconnut tout de suite. Pour la première fois depuis longtemps, le djinnin avait peur pour sa vie.

—Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?, demanda le djinn à la tunique verte et aux yeux oranges

—On lui coupe la patte, ricana son complice

Ylis se débattit comme un poisson hors de l’eau. Il n’arrivait pas à se dégager.

—Arrête de gigoter comme ça, tu n’arriveras pas à t’échapper. Tu vois ce filet est couvert de plomb, alors tes efforts sont inutiles, dit le jinnan aux yeux rouges

Le même djinn lui écrasa alors le membre supérieur gauche pour le maintenir correctement,Ylis émit un cri de douleur. Sa vue se troubla soudain.

—Ça ne durera pas longtemps, t’en fais pas, on va faire ça vite.

—Mais… Keru, ce n’est pas nos ordres. Ce n’est pas à nous de lui enlever son implant.

—Tu veux pouvoir créer du feu ? Tu crois qu’ils vont gentiment nous le partager ?

—Non, mais…

—Allez ! Dépêche-toi, coupa Keru

L’autre créature à la tunique verte et aux yeux oranges ne bouge pas. Ylis n’en revenait pas de ce qu’il entendait. Comment pouvaient-ils savoir tout ça ? Ces derniers temps le nombre d’attaques organisées contre les djinnins avaient doublé. Maintenant, Ylis savait pourquoi.

—Dégagez de là !

Un jais de feu bleu éblouit les jinnans en les propulsant vers l’arrière. Ils s’enfuirent aussi rapidement qu’ils le purent. Avant même qu’Ylis n’ait eut le temps de comprendre ce qui se passait, il était déjà libre.

—Hé bien, tu n’avais pas l’avantage dans ce combat ! Comment va notre majesté ? Ça fait un bout de temps, hein !
Le djinnin à la coupe dégradé et aux cheveux argentés fit une révérence qui prêtait à sourire.

—Vankir, c’est toi ? Ylis se remettait doucement, sa vue était encore un peu trouble.

—Bien sûr que c’est moi.

—Heureusement que tu étais là…

—Ce n’est pas de la chance, mon ami, je te cherchais ! Je t’ai aperçu sur la côte bretonne mais ensuite tu m’as filé entre les doigts. Tu rentres immédiatement sous les ordres de la régente.

—Vankir, il se passe quelque chose. Quand ces jinnans m’ont attaqué, ils voulaient récupérer mon Hinjin et l’un d’entre eux… il s’appelait Keru. Je ne sais pas si c’est son véritable nom… Mais il disait qu’il n’avait pas le droit de le faire, qu’il devait m’emmener… Je… A… Je ne sais plus

—Je ne comprends pas un mot de ce que tu dis.. Au fait, de rien, hein, c’est toujours un plaisir de te sauver la vie, Ylis.

—Je ne me sens pas très bien.

—Enflamme-toi. Ça ira mieux.

—C’était de la fumée, une fumée étrange

Ylis s’enflamma de la tête au pied, d’un feu bleu électrique. Ses sens étaient comme restaurés à leur état initial. Ses grands yeux jaunes fonctionnaient à nouveau comme il le fallait.

—Vankir, je dois récupérer mon âme

—Ylis, cesse de t’inquiéter pour ton âme, de toute façon elle est déjà perdue et elle subira la damnation éternelle, sourit Vankir, Quoi, ça ne te fait pas rire ? C’est une blague d’humain. Bon rentrons maintenant, laisse tomber cette âme

—C’est ridicule, nous sommes à côté et l’âme est presque en train de se détacher à l’heure où nous parlons.

—Il s’agit d’un ordre de la régente, tu dois rentrer, qu’est-ce qui est si difficile à comprendre pour toi ? On m’a donné une mission, Ylis, te récupérer. Ils pensent que tu seras plus prompt à m’écouter. Alors je vais te dire ce qu’il se passe. Les Djinns-voyageurs ne sont plus en sécurité sur Terre. Y a quelques mois, je faisais mon travail de patrouilleur dans l’Oklahoma, je zigouillais quelques spectres tout ça, quand j’ai vu la même scène qu’aujourd’hui. Je ne sais pas comment mais les Djinns terrestres savent pour notre monde. Hé oui, le temps où notre monde était un mythe est révolu. Ils cherchent à y accéder, vois-tu, c’est du sérieux. Des petites coalitions naissent ci et là, tu ne peux plus te promener sans protection.

—Ce n’est pas ce qu’ils voulaient Vankir, je te l’ai dit. ils cherchaient à me déposséder de mon HinJin. Ils savent qu’ils peuvent créer du feu avec… Je crois qu’ils étaient au service d’autres Djinns, des Djinns qui connaissent l’existence de notre monde. Regarde ce filet, ils fabriquent des armes pour nous capturer. Je n’en avais jamais vu de pareil.

—Des armes, ça ? Je commence à me demander à quoi ont consisté vos enseignements d’arracheurs d’âmes… On ne vous a pas appris à vous battre ?

—Un arracheur d’âmes n’est pas un guerrier, Vankir.

Ylis et Vankir se ressemblaient physiquement. Leurs yeux et leur chevelure étaient de la même couleur : jaunes pour les uns et blanche argentée pour l’autre. Vankir cependant était plus grand et plus élancé. Il regarda attentivement le filet de plomb et dut bien admettre que l’ouvrage était particulièrement bien travaillé, comparé aux armes habituelles des Djinns terrestres.

—Écoute, je dois arracher cette âme, je te suivrais ensuite. Si tu restes à mes côtés, je n’y vois aucun problème. On rentrera ensemble une fois ma tâche achevée.

—Très bien, votre royal majesté, en feignant de s’incliner, mais attention, n’essaie pas de te débarrasser de moi, Ylis. Ce qui se passe est grave, le conseil prévoit de se réunir dans le secret pour en discuter, tu sais cette assemblée de Djinns tous plus pédants les uns que les autres, dont tu fais partie, ça te rappelle des souvenirs ? Tu dois m’accompagner, je compte sur toi pour ne pas filer en douce.

—Je m’y tiendrais, tu as ma parole. Allez, j’ai encore une âme à semer.

Les deux djinnins survolèrent les cieux jusqu’à rattraper l’ambulance. Ils la traversèrent tous les deux et se plaquèrent au plafond de la camionnette pour éviter les humains.

—Monsieur, ça fait trente minutes maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? demanda un des pompiers

—On continue jusqu’à ce qu’on arrive à l’hôpital, il n’y a que ça à faire.

—Regarde son âme, Ylis, ce sera bientôt le moment… Dis pourquoi tu aimes autant le fait d’être un arracheur d’âmes ? Je comprends bien les avantages. Mais là, tu es en danger, et tu ne préfères même pas rentré et être en sécurité dans notre monde ?

—Tu sais depuis combien de temps j’attends qu’elle meurt ? Le travail d’un arracheur d’âmes prend du temps. Je la connais maintenant, elle est à moi, c’est mon âme, je ne laisserais pas un autre et je ne l’abandonnerais pas.

—Je peux comprendre mais enfin bon, comme tu dis, c’est long. Tu aurais pu être gouverneur en attendant la nouvelle lune, ça a quand même vachement plus de classe !

—Peut-être…Décidément tu parles comme un humain. Pourtant c’est moi l’arracheur d’âmes.

—Ah, qu’est-ce que tu veux, j’aime bien cette planète.

—Oui, elle est magnifique. Notre monde est tellement obscur, comme si on avait posé un voile noir au-dessus du monde des djinns. Il n’y a pas plus bel éclat que le soleil, même le feu des Djinnins ne le surpasse pas. Cette étoile, j’en rêvais depuis mes très jeunes années, avant même mon premier feu.

—Tu n’as pas tort. En revanche, moi ce que je préfère sur Terre, ce sont les humains. Qu’est-ce qu’ils sont divertissants ! Ils ont bien évolué depuis le temps !

—Ah, émit Ylis en soupirant, Moi je suis lassé de les voir mourir. Ce sont des créatures fragiles et assez déconcertantes.

—Ils savent s’amuser eux au moins. J’apprécie leur compagnie par moment, même si ils ne se doutant pas que je suis là… Nous sommes les créatures tapis l’ombre, celles dont ils ont peur.

—Oui… Enfin si tu passais plus de temps avec eux, tu t’en lasserais.

—Je sens de l’amertume dans ta voix, ça ne te réussit pas d’être seul ainsi, mon ami. Tu devrais rentrer plus souvent.

—Je suis un arracheur d’âmes, Vankir, la solitude fait partie de mon statut

—Vraiment ? Parce que je connais quelques endroits sur Terre qui remettraient en cause cette théorie.

L’ambulance s’était arrêtée ; la victime en sortit, allongée sur un brancard. Bientôt l’équipe de pompiers laissa place à un médecin entouré d’infirmières dans une salle blanchâtre. Les djinnins les observaient toujours.

—Regarde comme ils sont rapides, nous sommes arrivés. Dommage que ces jinnans soient venus tarir ton dernier souvenir du métier.

—Ce n’est pas ma dernière âme, Vankir. C’est l’avant-dernière et ne t’en fais pas, j’ai bien assez de souvenirs sur Terre pour compenser celui-là.

—Dis, tu es sourd ou tu le fais exprès ? Puis-je te rappeler, qu’en dehors des événements récents, la nouvelle lune approche. Enfin, tu ne peux pas manquer les jeux ?

—On verra bien, lança Ylis

—Parfois je me demande… Qui es-tu, Ylis ?

—C’est intéressant, figure toi que je me pose la même question. Je suis tout et son contraire, si bien que parfois j’en viens à me dire que je ne suis rien.

—Arrête, ne dis pas ça. Vous, les arracheurs d’âmes, qu’est-ce que vous êtes torturés ! Voilà ce que ça fait de semer des âmes et d’être seul à errer sur la Terre.

—Il y a tout de même une belle récompense.

—Ah ça tu l’as dit ! Elle te plaît d’ailleurs ta cellule dans l’Autre Monde, on vous la donne dès le premier jour, il paraît.

—Oui, c’est vrai. Elle est parfaite, si tu pouvais la voir.

—Je suis content de TE voir, insista-t-il, Ça me fait plaisir de te retrouver, mon ami, lui sourit Vankir, Dis, ça fait combien de temps que tu n’es pas rentré déjà? La dernière fois qu’on s’est vu, c’était dans le bar aux trolls, non ?… D’ailleurs, il faut absolument qu’on y retourne toi et moi ! Rien n’a changé dans notre monde bien sûr, mais cet endroit lui est devenu une petite capsule effervescente de bonheur absolu. Le bar aux trolls n’est plus dirigé par des trolls, figures-toi que je l’ai racheté et que tous les djinns y sont acceptés maintenant. Je l’ai renommé le « bar couché » parce qu’on est tous sûr de finir par terre.

—Ça ne m’étonne pas de toi ! Toujours pour l’unité des Djinns, hein ?

—Oui, pourquoi penser autrement ? Tu n’es pas de mon avis ?

—Je n’ai pas d’avis tranché à ce sujet. En réalité, je crois que je m’en fiche.

—Pour un futur souverain, c’est inquiétant.

—Tu as l’air tellement sûr, Vankir, que ce sera moi le futur souverain, pourquoi ?

—Parce que j’en ai envie. Je te connais. Tu étais là pour la cité quand il le fallait.

—C’était il y a longtemps, très longtemps.

—Moi, je m’en souviens. Tous les Djinnins de la cité s’en souviennent.

—Je suis touché, vraiment, mais si je le pouvais Vankir, je resterais un arracheur d’âmes toute ma vie. Je tiens à notre cité, c’est vrai mais je ne veux pas diriger notre monde.

—Alors tu ne t’en soucies vraiment pas ? Même si tu perds tes privilèges ?

—Cela ne changera rien à mon rang, ni à mes possessions.

—Mais tu devrais quitter le palais de feu

—Vankir, je n’y vis plus depuis longtemps. Ça m’est totalement égal d’être prince ou régent ou ce que tu veux.

—Alors qui ? Ta cousine ?

—Peut-être… Et pourquoi pas toi ? Les jeux se fichent du statut des djinnins qui y participent. Tout le monde a ses chances. Seul la force et le courage compte. Tu es un djinnin, tu peux prétendre aux jeux pour le trône.

—Ylis, cette idée a fait rire toute la cité d’Al Agar. Je les entends d’ici ! Personne ne me voudrait pour prince, JE ne me voudrais pas pour prince. Puis ma réputation me précède.

—Personne ne contesterait ta victoire aux jeux si tu les gagnais

—Tu n’as peut-être pas tort mais il n’est plus temps de parler de ça.

—On laisse tomber. Heure du décès 4H38, dit le médecin en regardant l’horloge.

La salle commença peu à peu à se vider. Ce n’était plus du ressort du personnel soignant. Alors Ylis s’approcha de l’âme, tendit le membre supérieur gauche et l’arracha avec son feu de djinnin.