Quand j’ai une question, un problème, je fais comme tout le monde, je demande à google ou à YouTube.

Souvent en matière d’écriture, je cherche mes infos en anglais. Comme je sais que tout le monde n’est pas à l’aise avec cette langue, je me suis dit qu’une traduction de cette super vidéo conseils d’écriture de Marc Crilley pourrait t’intéresser :

 

Cette vidéo est une mine de conseils que je trouve très pertinents. Bien sûr, Marc Crilley est un créateur de Bandes Dessinées mais ses conseils s’appliquent à l’écriture en général.

Je crois que c’est en se posant beaucoup de questions, en se remettant en cause, en essayant aussi de prendre du recul sur son histoire qu’on devient meilleur en tant qu’écrivain.

Bref, voici les conseils dispensés dans cette vidéo intitulée : Writing/Storytelling: 10 Tips to Help You, autrement dit « Ecriture/Mise en scène : 10 astuces pour vous aider »

 

1. Show, don’t tell

« Monter et non raconter »
Show not tell est une conviction partagée par de nombreux écrivains anglophones

Marc Crilley parle de sa toute première BD, plus précisément de la scène où il introduit le personnage antagoniste de son histoire ”the bad guy”. Il poursuit en disant qu’il a rempli cette page en racontant au lecteur toutes les informations nécessaires à connaître selon lui sur ce personnage, au lieu de montrer l’histoire de ce bad guy en utilisant par exemple des flashbacks.

Il évoque ensuite une scène d’un autre comics, où il fait ce qu’il appelle un ”explaino”, c’est-à-dire employer de la narration alors que c’est inutile, c’est à 3:00. Il ajoute qu’il faut laisser le lecteur comprendre lui-même la scène. Ça me fait d’ailleurs penser à un Ted talk d’Andrew Stanton, en parlant du fait qu’il faut laisser les spectateurs ”work for their meal”, littéralement gagner leur pain. L’important est donc qu’ils se sentent impliqués dans l’histoire afin qu’ils puissent s’y investir.

 

2. Don’t always go with the first idea that pops into your head

« Ne pas toujours choisir la première idée qui vient »

Marc Crilley parle d’un personnage nommé, je crois, Anra. Il dit que lors de sa première idée, cette partie de l’histoire était retranscrit via l’utilisation d’une amulette, et donc bye bye Anra. Donc il invite à penser à des choses plus intéressantes et originales. Il affirme aussi qu’il y a ces petits moments où l’on sent qu’il y a forcément une meilleure façon de faire et qu’il faut écouter notre intuition.

 

3. Consider the reader’s experience at all times

« Toujours prendre en compte l’histoire telle qu’elle est vécue par le lecteur »

Il se rappelle une scène de dialogue qui s’éternise sur plusieurs pages et insiste sur le fait que cela ne fait qu’ennuyer le lecteur (ah comme je me sens concernée par ça). Il ne faut pas oublier ce que le lecteur, qui passe par plusieurs pages de dialogue, ressent à cet instant. Il dit qu’il faut laisser une pause, qu’il faut garder certains éléments pour la suite.

Il y a une différence entre ce que l’on veut soi-même intégrer dans son récit et ce qui est le plus intéressant pour le lecteur.

 

4. Give each character a specific way of speaking

« Donner à chaque personnage une manière particulière de s’exprimer »

Il fait le parallèle entre deux personnages de sa BD, l’un a un vocabulaire riche et l’autre parle dans un jargon familier. Il ajoute que via les dialogues, on en apprend davantage sur les personnages : leur vocabulaire, leur façon de parler en dit long sur une partie de ce qu’ils sont.

 

5. It can’t just happen. It has to happen in an interesting way

« Cela ne peut juste se produire, ça doit être intéressant à lire »

Le dessinateur discute du fait que son personnage doit se rendre dans un bureau de prêteur sur gage pour acheter un badge de policier afin d’usurper son identité plus tard dans l’histoire. Donc, il doit entrer dans le commerce, acheter le badge et partir.

Le problème c’est que raconter comme cela, c’est très ennuyant. Il trouve alors plusieurs astuces, c’est à 11:00. En somme, le prêteur sur gage finit par lui laisser le badge gratuitement, puisqu’il se ”connecte” avec lui via le fait qu’il pense que le personnage principal demande des conseils à sa mère défunte, cela le touche car il dit le faire souvent également, et le personnage repart sans avoir dépensé un sou.

 

6. Work out your ending
(Try to figure out what your ending is before you write the story)

« Travailler la fin de son histoire
Essayer de deviner la fin à l’avance »

Il parle de la fin d’une de ses BD en disant qu’il a terminé sur le fait que tout ce que les personnages avaient vécu n’était qu’un test. Il plaisante même sur le fait que cela aurait été aussi mauvais de dire qu’en fait ce n’était qu’un rêve. Donc bien sûr, cette fin n’était pas assez travaillée pour être pleinement satisfaisante.

 

7. Think about what the reader will expect, and do something different

« Anticiper les attentes du lecteur et faire quelque chose de différent »

Marc Crilley raconte qu’un de ses personnages est dépeint comme étant presque infaillible, sans vulnérabilité. Dans la scène qu’il présente, ce personnage finit par fondre en larmes, après une vague de colère.

Selon lui, il faut être surpris par la réaction d’un personnage qu’on n’avait jamais vu réagir de la sorte. Il faut montrer au lecteur qu’il ne savait pas ce qui allait se passer, et qu’il n’aurait jamais pu le deviner.

 

8. Beware of the passif protagonist

« Faites attention au personnage passif »

Il dit que dans la plupart des histoires, on crée un personnage principal qui reste avec le lecteur, ainsi ce dernier expérimente les différents événements de l’histoire à travers ce personnage principal. Parfois, lorsque l’on n’y est pas attentif, il y a beaucoup trop de choses qui arrivent au personnage principal, ce qui fait qu’il subit les événements au lieu d’avoir une véritable action sur eux. L’exemple qu’il partage est à 18:00

Bon, je vais juste apporter mon petit grain de sel là-dessus, car encore une fois je me sens concentrée. Je crois que cela arrive très souvent lorsqu’on n’a pas assez travaillé sur ses personnages et qu’on les prends un peu comme des marionnettes qui subissent l’histoire.

Alors que si on travaille son intrigue en même temps que l’on s’efforce à construire une conscience propre et des buts à nos personnages, cela fait qu’il y a plus de chance pour qu’ils tentent des actions pour changer l’histoire, plutôt que de se faire balader d’événements en d’événements, de façon passive, et sans avoir de contrôle sur leur destin.

 

9. Give the readers information just before they need it

« Donner l’information au lecteur juste avant qu’il en ait besoin »

Bon, c’est-à-dire, ne pas les donner, plusieurs pages en avance, l’exemple est à 19:15.

C’est donc plus intéressant de savoir au dernier moment, comment un plan va s’exécuter plutôt que d’en parler des jours à l’avance, voire juste avant pour mettre au courant le lecteur. L’idée est de conserver une certaine dramaturgie pour que cela ne soit pas ennuyant et de découvrir tout ça en même temps que le personnage suivit.

 

10. If it’s not working be willing to toss it out

« Si ça ne fonctionne pas, supprime ! »

Il faut être prêt à détruire des parties de l’histoire dont on est personnellement amoureux, mais qui ne fonctionne pas vraiment pour notre intrigue. En somme, il faut être sans pitié envers sa propre façon de raconter les événements.

L’auteur de Bandes Dessinées parle alors d’une scène de combat qui, parce qu’elle se prolongeait, devenait ennuyante. Il faut donc être prêt à jeter beaucoup de choses.
Voilà pour ces conseils traduits de Marc Crilley, j’espère que ça t’a été utile.

 

N’oublie pas, on ne naît pas écrivain, on le devient,
A très vite,
Des poutous !